Décryptage photo : les crêpes

Crêpes : photo culinaire
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J’ai choisi cette photo de crêpes volontairement parce que c’est un sujet simple, presque banal. Et en photo culinaire, ce sont souvent ces sujets-là qui demandent le plus de réflexion.

Un gâteau très travaillé, avec des volumes, des textures et une décoration forte, aide déjà énormément la photo. À l’inverse, un dessert du quotidien oblige à penser chaque détail plus en profondeur : la composition, les accessoires, l’ambiance.

Dans cet article, je te propose de décrypter cette image en détail : le sujet, la lumière, l’histoire, la composition et les couleurs.

Le sujet : des crêpes simples et classiques

Les crêpes sont fines, peu volumineuses, assez uniformes visuellement et dans des tons très doux. Elles évoquent immédiatement la simplicité, l’enfance, les goûters, les moments partagés en famille. Mais ce sont aussi des qualités qui peuvent vite devenir des contraintes.

Avec ce type de sujet, il faut être attentif à plusieurs choses :

  • La texture, qui est subtile et peut vite disparaître avec une lumière trop dure ou trop plate.
  • La répétition visuelle, car des crêpes simplement empilées peuvent devenir monotones à l’image.
  • La couleur, qui peut vite paraitre trop pâle en fonction de la lumière et la retouche.

Pour mettre en valeur un dessert comme celui-ci, il est essentiel de créer de l’intérêt autrement : par le pliage, la mise en scène, l’ambiance, et les éléments qui l’accompagnent. C’est cette réflexion globale qui permet de passer d’une photo à une version plus agréable et harmonieuse.

L’angle choisi : le flat lay

Le flat lay (photo prise du dessus) est, selon moi, l’angle le plus adapté pour les crêpes. Elles sont fines, peu volumineuses, et vues de côté, elles perdent vite de l’intérêt et en lisibilité. Cet angle offre une grande liberté dans la mise en scène. On peut plus facilement jouer avec la disposition des éléments. Le flat lay permet aussi d’intégrer facilement les accompagnements sans surcharger la scène. Tout est visible, lisible, et l’œil circule naturellement dans l’image.

Bien sûr, d’autres angles sont possibles pour les crêpes (il va falloir être plus créatif), mais le flat lay est particulièrement adapté.

La lumière : douce et naturelle

La lumière est volontairement très douce. On est clairement sur une lumière naturelle diffusée, sans contraste fort. Elle permet tout de même de garder de légères ombres et d’éviter un rendu trop plat.

Cette lumière correspond totalement à ce que les crêpes représentent pour moi : un moment sucré, calme, presque cocooning. Je ne cherche pas ici une lumière dramatique ou très contrastée, mais quelque chose de doux, qui donne envie de s’installer à table.

L’histoire racontée

On est dans un moment calme, suspendu, juste avant la dégustation. Les bananes sont coupées, le sucre est à portée de main, le lait est prêt à être servi. La photo suggère ce moment collectif, simple et chaleureux, sans avoir besoin de montrer des mains ou des visages.

Cette photo raconte un moment précis : les crêpes sont prêtes. On ne montre pas la cuisson, ni la préparation, mais l’instant juste avant de manger. Les crêpes ont été faites, les accompagnements sont sur la table, et il ne reste plus qu’à sortir les assiettes pour les partager ensemble.

Les couleurs : une palette douce et cohérente

On est clairement sur une palette de couleurs analogues. Les tons dominants sont :

  • jaune pâle
  • touches de rose très doux
  • brun du sucre

Ces couleurs fonctionnent très bien ensemble et correspondent à mes tons habituels. Rien ne vient “casser” l’harmonie visuelle. Le rose du torchon apporte une touche de chaleur et de douceur sans attirer trop l’attention. Le brun du sucre ajoute juste ce qu’il faut de contraste pour éviter une image trop fade.

La composition : équilibre et respiration

La composition de cette photo correspond à une approche que j’aime utiliser régulièrement, surtout avec des sujets ronds et relativement grands en flat lay. Je commence toujours par placer le sujet principal, ici l’assiette de crêpes, puis je construis l’image autour.

Les éléments secondaires viennent compléter la scène sans voler la vedette au sujet. Ils sont disposés de manière à équilibrer visuellement l’image et à guider le regard, tout en laissant de l’espace pour respirer.

Chaque élément a sa place et son rôle. Il n’y a rien en trop, mais suffisamment d’éléments pour raconter l’histoire. Les espaces vides sont aussi importants que les objets : ils permettent à l’image de respirer et évitent la surcharge.

Pour éviter une image trop plate ou trop figée, je n’ai pas simplement empilé les crêpes. J’en ai pliées certaines en triangle que j’ai disposées en éventail. Ce pliage permet de créer du mouvement, de montrer les différentes couches, même avec un sujet assez plat visuellement.

Mes conseils pour ce type de photos

Avec un sujet simple comme les crêpes, il est important de se poser les bonnes questions avant même de déclencher.

Voici quelques pistes de réflexion à appliquer à ce type de sujet :

  • Comment apporter de l’intérêt visuel à un dessert simple, sans le transformer ?
  • Quel angle sert le mieux la forme et la texture du sujet ?
  • Quels éléments sont réellement utiles pour raconter une histoire claire ?
  • Comment créer une ambiance cohérente avec ce que le dessert évoque émotionnellement ?

Ce sont ces réflexions-là qui permettent de créer une photo qui met en avant les desserts du quotidien, ceux qui ne sont pas “waouw” à la base, mais qui ont pourtant énormément de potentiel en photo culinaire.

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